Samedi dernier, s’est disputé le tout premier Scorpion Masters.

Née d’une l’idée de Laurent Corric le Boss du Pôle Mécanique d’Ales,  cette épreuve moto unique en son genre regroupait les meilleurs pilotes français afin de définir « LE  pilote français de l’année » , toutes disciplines confondues ….

Fifi, chef de stand pour le compte du Team COFELY – Ville de Bandol lors des 24 Heures du Mans, et avant tout un motard, était parmi les pilotes triés sur le volet qui ont participés à cette première, et qui se sont affrontés au cours d’une journée dense comprenant 4 épreuves : trial, enduro, vitesse et supermotard.

Fifi aux 24H du Mans en août dernier

Il nous raconte comment il s’est fait embarquer dans l’aventure, et les péripéties de sa journée dans l’arrière-pays gardois :

« Ca a commencé par un simple coup de fil ;« Salut Fifèvre, c’est Telcou (ndlr essayeur Moto Journal) ! Tu ne fais rien la semaine prochaine ? Tu peux me remplacer au Scorpion Masters ? J’ai un guidon au Qatar et il faut absolument que quelqu’un représente Moto Journal avec Mathieu  ». « Mais t’es sur que je suis la bonne personne pour ce genre de délire ? Je vais me faire rouler dessus », m’inquiète-je ! « T’as fait de la vitesse, du trial, tu touches un peu à tout, c’est pour toi ce truc ! » me rétorqua ce margoulin. Je lui ai bien rappelé que tout ça c’était y’a bien longtemps, que je ne roulais plus qu’une fois par an sur circuit, que ça faisait deux ans que j’avais arrêté la ligue en trial, que je n’étais pas monté sur une moto d’enduro depuis des lustres, que je n’avais pas le physique, et surtout que ça sentait trop le traquenard. Mais rien à faire, il n’y a que moi de libre pour le remplacer, vu qu’il rejoint Zef et David (ndlr Responsable des essais et Rédac Chef de Moto Journal) au pays de l’or noir.

J’acceptais  ! Mathieu ne me rassurait pas en me décrivant ses entrainements avec Telcou (ce traitre) sur la spéciale d’enduro du pôle mécanique d’Alès et de la rudesse du parcours. Ni en me faisant remarquer la difficulté à apprendre le technique circuit de vitesse. Les organisateurs de ce rendez-vous, Nicolas Sonina et Laurent Corric, s’inquiétaient et me réservaient une bonne place à l’infirmerie !!! Je sentais le piège se refermer. Merci Telcou !

C’est, vous le comprenez bien, avec une certaine appréhension que je suis arrivé à Alès. J’y retrouve Mathieu et les machines qui me sont dévolues pour cette course. Une 750 GSXR version libre et une impressionnante 450 RMZ d’enduro. Thieb’s (ndlr Photographe Moto Journal) est là pour immortaliser la « boucherie ». Dans les stands, que du top matos, les pros parlent stratégie et surtout, de cette spéciale d’enduro qui, à leur dire, est de niveau mondial ! Et ils ont l’air d’être remonté comme des pendules ! Où est ce que je suis tombé ? La séance d’essai sur le circuit de vitesse, ainsi que la reconnaissance d’une petite partie du tracé d’enduro ne me rassure pas. Les trois zones de trial, de type « Open Free », ne me réconforte que trop peu. Je me retrouve donc au milieu du gratin du sport moto français, sur les zones de trial.

Fifi au trial - Photo Thieb's

Je suis assez à l’aise et me rends compte que le trial, c’est comme le vélo, ça ne se perd pas ! Je suis 9ème au classement général ! Qu’est ce que je fous là ? A peine la GasGas béquillée, je grimpe sur la 450 Suzuki, direction l’enduro.

Fifi en enduro - Photo Thieb's

Ce sont mes premiers tours de roues sur cette moto ; je n’aurais que 300 mètres de prise de contact au départ de la spéciale ! Arnaud Vincent n’arrive pas à me rassurer en m’affirmant que « malgré la longueur du parcours ça passe partout ». Devant la double bosse en montée, parsemée de cailloux et de racines du départ, Je ne fais pas le malin.

Surement apeuré par la puissance du 450 mono, je pars sur le second rapport et m’écroule au bout de 30 mètres devant des milliers d’yeux. La honte ! Ça commence bien ! Aidé par les commissaires, je repars sous les encouragements du public. Ce sera ensuite une épreuve physique hyper intense de plus de 20 minutes. Après moult chutes, je termine dans les derniers, lessivé, en ayant mis deux fois plus de temps que le vainqueur Michael Pichon…

Au tour de la vitesse, 19ème des chronos, je suis toujours pas très à l’aise avec le tracé. Feu vert, grâce à la puissance de la Gex, j’arrive à me faufiler mais au premier freinage, les monos de supermotard me passent au ras des moustaches, c’est chaud. Quatre virages plus loin, drapeau jaune, un confrère d’un journal d’acrobatie fait des figures avec une S1000RR.

Fifi en piste - Photo Thieb's

Au deuxième tour, le « Grand » Pidoux me fait un freinage de p… d’enduriste ! Je le vois doucement s’échapper à grand coup de glisses et de travers. C’est au tour de Louis Rossi et sa petite 125 de me déposer. Je m’accroche quelques virages mais je n’ai plus de bras, je paye mes efforts de l’enduro du matin. Devant ça chute encore ! Je termine épuisé à la 15ème place.

Il ne reste plus qu’une épreuve, le supermotard mais avec la même machine que pendant ce foutu enduro !

Fifi en Supermotard - Photo Thieb's

Il va falloir attaquer sur le bitume avec des pneus à tétines. Ce n’est pas bien fait pour ! De plus, la partie terre est hyper technique avec double saut, virages serrés et terre friable. Aux Chronos, je me fais tourner autour, je n’ai plus de physique dans la partie terre et j’ai du mal à apprécier l’adhérence sur le bitume. Je suis avant dernière ligne. Le départ est encore plus dingue qu’en vitesse. Deux pilotes se répandent au premier virage dans une gerbe d’étincelle. Dans la terre, ça chute devant mes roues mais je me faufile. Ce diable de Rossi est encore à mes basques. Dans les derniers tours, une moto se présente au freinage, je crois à une attaque du « P’tit Louis », mais non c’est Pichon qui me met un tour. Une dizaine de pilotes vont ainsi me déboiter à coup de « block pass » et de travers de porcs. Je suis rincé, je ne tiens plus la moto dans la terre. Je profite des accélérations du 450 pour tenir le pilote de GP. Mais je ne sens plus mes bras, manque de perdre l’avant plusieurs fois, mais gagne mon duel, d’une longueur, sous le drapeau à damier.

Je suis lessivé mais heureux de terminer « vivant » de ce traquenard, à l’honorable 22ème place de cette difficile mais magnifique épreuve! Merci Telcou !


Scorpion Masters: mais qui a la plus grosse quéquette?
envoyé par moto-journal. - NASCAR, F1, tuning et dérapage en video.

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